De Mimi Mongo à Fally Ipupa, d’ou vient le fameux Eloko Oyo ?

Le phénomène Eloko Oyo de Fally Ipupa a pris de l’ampleur avant même la sortie du single. La star congolaise teasait déjà avec des mini-vidéos sur les réseaux. L’attente grandissante était alimentée par des stars congolaises comme Maître Gims et Dadju.

Le clip une fois sortie, les polémiques fusaient sur les médias sociaux remettant en cause la paternité de la mélodie qui était une reprise et une danse propre à l’ethnie Mongo (RDC).
Remettons les choses dans leur contexte, Fally Ipupa est lui même d’ethnie Mongo par conséquent il devait sans doute connaitre cet air folklorique, qui de base n’a pas vraiment de paternité, vu qu’il était chanté lors de rituels et festivités villageoises. Cependant la généalogie de la chanson « commerciale » nous renvoie au moins à dix ans en arrière avec le controversé « Eloko Eleki Diamant » traduisez  par « cette chose est comme le diamant (pour la femme) », car il permet d’obtenir de belles choses de ce monde. Avec le clip vous comprenez déjà de quoi il s’agit…

Avec Mimi Mongo, le décor était planté, très explicite et sensuelle, elle faisait l’apologie du sex-appeal féminin comme moyen de réussite. Avec un rythme langoureux, des paroles susurrées et la danse « Eteko ».  Elle était considérée comme l’une des grandes voix du pays, Mimi s’exprimait souvent sur le cas des femmes et des réalités sociales. Elle serait décédée deux mois après le clip suite à une maladie.

En outre la version, la plus récente qui se rapproche le plus du titre de Fally c’est le « Visa Bomengo », traduisez par le « visa de richesse » , de Mabele Elisi, le porte-étendard du folklore Mongo de la province de l’Équateur.

« Eloko oyo » fait référence à la musique, ce fameux « visa » qui a remplacé les atouts féminins de la version de Mimi Mongo. On entend bien dans cette version Eloko Oyo – Musiki avec des références à Mimi Mongo ou encore Papa Wemba mais toujours avec la même mélodie. « Grace à la musique c’est possible de visiter le monde, d’asseoir une fortune et tout ce qui va avec la célébrité ». Il disparait brutalement à l’âge de 54 ans, le 10 Novembre 2002 après 43 ans de carrière musicale. Mabele Elisi avait réussi à imposer son style avec son groupe Super 8-8. Koffi Olomide, Werrason etc.. ont puisé dans ses créations pour enrichir leur musique.

« Cette chose là » est aujourd’hui reprise fièrement par Fally, pour la véracité des paroles et sans doute pour rendre hommage à son ethnie. Notons que le clip a été tourné dans la région concernée, avec les habits coutumiers respectifs.

Pourquoi ce clip cartonne ? D’une part parce qu’il a historiquement traversé les périodes. Une grande communauté Congolaise et Africaine se sent concerné par la sonorité et surtout la mélodie de base qui est belle et envoutante, sans oublier le déhanché « Eteko ». Résultat, le single a totalisé 5 millions de vues en moins d’un mois , jamais vu pour un artiste congolais. Malheureusement les auteurs des « titres originaux » ne sont plus de ce monde pour y bénéficier. Cependant les familles et les communautés concernées doivent être fiers du travail effectuer par Dicap afin de restaurer la culture.

Markheaven