Baloji nous dévoile son nouvel EP intitulé «64 Bits And Malachite » sorti le 31 octobre dernier. C’est le préambule de son prochain album.

« 64 Bits And Malachite », où le voyage spatio-temporel initié par Baloji. L’auteur-compositeur, poète, et beatmaker nous fait découvrir son univers musical très varié. L’artiste aux diverses facettes crée ici ses propres règles. Il est inclassable. Du rap à l’électro en passant par les musiques africaines d’hier et d’aujourd’hui, Baloji mélange toutes ses influences. Dans cet EP, le rappeur belge d’origine congolaise s’est entouré de Petite Noire, une jeune chanteuse qui nous vient d’Afrique du Sud et de Muanza, artiste de la RDC. L’Afrique est donc très présente.

Cet EP est composé de cinq titres majoritairement dansant avec une multitude d’instruments. C’est le titre Spoiler qui ouvre le bal. Les rimes et jeu de mots s’enchaînent, entremêlés de Rumba, sur un beat qui ambiance. La légende Malage De Lugendo, roi de la Soukous et le chanteur/guitariste Klody Ndongala prennent part à Spoiler. Un titre intergénérationnel réussi, pour un voyage musical dans le temps. Le voyage se poursuit au Portugal avec Kalaf, membre du groupe éclectique « Buraka Som Sistema » (techno, Kizomba et Kuduro). C’est donc Kalaf qui fait l’intro du deuxième morceau intitulé F.I.N.I. Qui fait place au portugais, l’anglais et au lingala.

Baloji-African-Moove

Unité et Litre est un morceau engagé, Baloji y critique le pouvoir qu’exerce les géants de ce monde en Afrique. Des compagnies téléphoniques en passant par l’industrie de l’alcool. On comprend « Unité » pour les téléphones mobiles et « litres » pour ceux qui commercialisent les boissons alcoolisées. Ce sujet sensible est camouflé par une forte mélodie dansante. Les instruments se mélangent naturellement, les divers styles musicaux se suivent on a de la rumba, de l’électro, des sonorités africaines modernes, du rap… 64 Bits & Malachite quant à lui, fait référence au processeur et minerai que l’on trouve au Katanga, la riche région du Congo qui attise la convoitise des plus grands. A travers ce morceau, Baloji, « l’homme de science », se fait un plaisir de nous faire un cours d’histoire sur son pays qui l’inspire tant. C’est ainsi que la boucle se ferme sur le titre CaptureUn message qui s’adresse à son pays. C’est une capture de la réalité de Kinshasa qui est victime de divers maux, des  instabilités politiques au pillage de son riche sous sol. Des comportements qui profitent aux politiques plutôt qu’à la population qui en soufrent. Cette chanson est plus douce, plus posé, avec un beat plus régulier. La voix féminine de Petite Noire adoucit enfin l’album.

Avec Baloji, la congolisation est mondiale, « 64 Bits And Malachite », est le trait d’union entre l’Europe et le Congo. Son message est audible et son attachement pour son pays est frappant. C’est un peu la continuité de ces 2 précédentes albums « Hotel Impala » en 2008 et « Kinshasa Succursale » en 2011.
Le prochain album de Baloji est prévu pour l’année prochaine.

@SugarBrown_