Dossier AFM : « Booba et Kaaris confirment le retour de l’Afro dans le Rap ? »

La musique Rap, genre musical du Hip Hop, n’est plus à présenter. Provenant des Amériques, il s’inscrit aujourd’hui comme le genre musical le plus populaire au monde et le seul bien représenté par les communautés minoritaires en général. L’Afrique est source d’inspiration pour les thèmes abordés et source d’influence pour les sonorités. L’ambiance Africaine est dans tous les projets discographiques Hip Hop depuis 2015.

En France, comme en Afrique le Rap a plus ou moins gardé les sonorités des musiques africaines tradi-modernes, la fameuse World Music. Un melange de style qui s’est démocratisé en occident par vague. Ainsi pour revenir en arrière, on a distingué differentes périodes:

La Chronologie du Rap Afro

  • Ensuite, vient, Mokobé du 113 qui depuis son aventure solo a été un vrai avant-coureur du « Rap-Ambiance » tendance actuel, en collaborant avec les stars du continent dont Molare, Oumou Sangaré etc.

Il fait partie de ceux qui ont vraiment porté le Rap Afro pendant que la vague générale était de délivrer textes de Rap sur des productions «Trap» dans la période 2005 à 2009.

  • 2009-2010 a vu naitre le groupe Logobi GT qui a repris les bases d’une danse qui a cartonné en fin des années 1990 débuts 2000 en Afrique de L’ouest. On ne parle pas de musique Rap ici certe mais l’émulation autour du groupe et du mouvement a contribué à l’énorme succès (plus de cent millions de vues YouTube). Le mouvement reste éphémère mais marqué son temps dans la pop urbaine Francophone.

  • 2014-2015 le hit « sapé comme jamais » a radicalement ramené l’Afrique et son ambiance au premier plan jusqu’aux studios de Skyrock FM.

Une année de musique Afro bien remplie

Aujourd’hui le single DKR est validé de partout avec plus de 33 millions de vues en audio. Le titre « Tchoin » de Kaaris est dans le top iTunes et fait l’objet d’un gros buzz repris par les stars. Et pourtant les directions artistiques n’allaient pas dans ce sens il y’a quelques années.

L’Afrique n’a pas encore connu de MCs de carrure internationale et à la hauteur des autres genres musicaux.

De ce fait on peut considérer que les chanteurs et rappeurs Afro de France sont des garants des sonorités d’Afrique pour la diaspora, du fait de la proximité sociale voulue ou imposée avec l’Afrique (rappel des origines des sportifs dans les médias etc.) à l’instar des Afro-Américains.

Prenons le cas de la Côte D’ivoire qui a su bien exporter le genre Coupé Décalé, couver des artistes comme le Magic System, part contre à toujours a eu du mal avec son Rap.

Depuis 2 ans le groupe de rap à succès la Kiff No beat a compris ce challenge. Resultats ils ont renouvelés les codes du Rap Afro dans un univers sonore bien orchestré par leur producteur Shado Chris. Une vrai victoire fut remportée quand le hit « Tu es dans pain » a été validé par le rappeur Joke et remixé par Alonzo.

Le paysage musicale urbain en France est dominé aujourd’hui par MHD, Jul, Booba. le clan Wati B sur les productions de Dany SynthéKeblack et Naza propulsés par Bomayé Musik.

On se rappel encore de cette soirée en direct de Planète Rap avec un Fally Ipupa aux côtés de H-Magnum. Le signe était clair,  en 2016 il n’y a vraiment plus de frontières entre le Rap de France et musique d’Afrique.

Aujourd’hui des acteurs influents de milieu prennent l’initiative d’aller chercher directement les stars en Afrique. L’exemple de Passi, au commande du label Infact/Warner qui a signé le producteur numéro un de Boss Playa Shado Chris.

On ne devrait plus parler de « mouvement Afro dans le Rap », ou réduire la tendance à une « Congolisation du rap ». Le Rap-Ambiance ou le Rap Afro fait partie de l’ADN du Rap Francophone et tous nos rappeurs d’Afrique et d’ailleurs partagent un peu de cette influence.

Quelles sont les raisons ?

Un point d’explication est qu’il y’ largement moins de complexes en liés aux sonorités, l’argots et codes venant d’Afrique. Les Majors s’y intéressent fortement, vu que la musique est déjà façonnée, l’audience est claire et séduite par cette mixité. Au fond tout le monde s’y retrouve. Sur ce coup on peut dire merci aux artistes du Nigeria qui ont su exploiter leur musique, en gardant le maximum de sonorités locales d’Afrobeat. Il ne faut pas oublier que Drake à quand même eu à poser sur le remix d’ Ojuelegba de Wizkid.

En outre certain reprochait au Rap Franco d’être devenu un peu trop monotone, d’avoir de moins en moins de hits festifs. Peut être que la demande d’une « je danse le Mia version 2.0 » se faisait de plus en plus sentir ? Conséquences, les consommateurs du genre se sont tournés progressivement vers le Hip Hop US qui sait fournir des tubes et se laisser contaminer par les virus Jul et PNL.

Les zones d’ombres

Une partie des consommateurs de musique « chevronnés » reprochent aux Beatmakers de ne pas inciter les rappeurs à sortir de leur zone de confiance avec des productions plus originales. L’Afrique est vaste, les sonorités sont très diverses.  Il faudrait aller au delà de ce qui est déjà connu par le public qui consomme et sature de plus en plus plus vite.

Les rappeurs Africains majoritairement influencés par les codes occidentaux, fournissent aux artistes en Europe et aux USA l’essence musicale africaine sans vrai retour ou reconnaissance concrète, chose que le Prix African Moove souhaite résorber. De plus un équilibre au niveau des structures et des capacités exploitations  va pouvoir profiter à tous et permettre de professionnaliser le travail, car avant tout les artistes Africains sont les gardiens naturels de la musique qui prend de l’ampleur actuellement un peu partout dans le monde.

Crédits photos : Rapelite & Businesstech

Markheaven