[INTERVIEW YOUNG PÔ ] : « J’ai écris la quasi-totalité de mon album en prison »

L’artiste Young Po fait partie de la nouvelle scène rap musicale malienne. Avant la sortie de son album, il a accepté de répondre à quelques questions d’Africanmoove toujours en direct de Bamako. 

@aysesko

Parlez-nous de votre rencontre avec la musique ? 

Ça date de longtemps. Je traîne cette passion depuis le bas âge avec une affection particulière pour toutes les musiques abordant les thèmes en rapport avec le ghetto. 

Les artistes qui vous inspirent pour vos chansons ? 

Côté rap, Booba m’inspire beaucoup et du côté de la musique malienne, cela pourrait vous étonnez mais je me réfère beaucoup à la musique d’Oumou Sangare. Ils parlent assez d’argent pour Booba et d’amour de la société pour Oumou Sangare. J’adore (rire).

Sortie prochaine de votre album : Comment avez-vous préparé ce dernier ? Des featurings ? 

L’album ne contient pas de featuring car je veux prouver à mes fans qu’ils n’ont pas besoin de me voir poser avec un autre rappeur pour que l’album soit de qualité : C’est un défi personnel qui n’a rien d’égocentrique. J’ai toujours voulu faire un album abouti, caractérisé par différents styles tout en étant seul. Avec mon équipe on l’a préparé doucement mais sûrement. J’ai d’ailleurs écris la quasi-totalité des titres pendant mon incarcération à la maison d’arrêt et de correction de Bamako (MCA). Vous aurez du lourd.

Êtes-vous en concurrence avec d’autres rappeurs maliens ou africains ? 

Bien sûr. La concurrence a toujours existé dans le game. Dans cet environnement tous les rappeurs sont en concurrence. Celui qui te dit le contraire manque d’honnêteté.  Je préserve donc mon business et mon territoire. 

Quels sont les artistes avec lesquels vous aimeriez collaborer ? 

Avec les rappeurs authentiques. Ceux qui défendent toujours les mêmes causes et qui seront toujours les mêmes.  Booba par exemple 

 Mais, Booba à quand même changé un peu musicalement parlant… 

Je vous l’accorde mais il est resté fidèle à ses principes et à sa stratégie pour conserver le trône.

 Un message pour la jeunesse malienne ? 

La jeunesse doit savoir ce qu’elle veut et assumer ses choix. La vie est faite de prise de risque. Diplômés ou pas, ayons des objectifs et ne les lâchons jamais des yeux. 

 Quels sont vos projets pour la suite ? 

Travailler avec des personnes ambitieuses, qui savent ce qu’elles veulent. Enchaîner les albums après la sortie de TCHALE. Beaucoup de surprises. Avec ma maison de disque KEYZIT, nous planifions les choses.

Interview réalisée par Keyzit pour AfricanMoove