Shelis, réalisateur « J’ai une relation particulière avec Hiro »

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Shelis © Oski

« Tu m’as rendu tebê, entêté, aveuglé. Et mon cœur était voilé, par tes charmes, aveuglé ». Vous avez sûrement entendu ce refrain du titre « Aveuglé » de Hiro. Vous avez dû voir le clip qui totalise actuellement plus de 4 millions de vues. Pourtant, ce n’est pas du chanteur dont nous allons parler mais de Shelis, le réalisateur.

Le rendez-vous est pris dans nos locaux à Paris. Nous recevons cet homme à la carrure imposante. Le regard presque sévère. Une voix grave qui rappelle celle des rappeurs. C’est d’ailleurs avec le rap que Marvin-Alix Nkouka, à l’état civil, fait son entrée dans le monde de la musique. Il commence d’abord au sein d’un collectif en Guyane.  Puis direction la banlieue parisienne avec le collectif Lékip en 2004. Quelques années plus tard, le groupe décide «  de mettre des images sur des titres ». « J’ai contacté deux-trois réalisateurs qui m’ont donné leurs tarifs, que je trouvais trop chers». Contrairement à Hiro, le cœur de Shelis ne s’est pas laissé voilé, aveuglé. Chaque soir, celui qui est aujourd’hui expert en assurances, se formait en ligne grâce à des tutos et des e-books. «  Je me suis dit que s’ils font ce métier, je peux le faire aussi ». En 2009, il réalise son 1er clip  « Trop de Swag ». Il monte en 2010 avec ses amis la boîte de production Hope Vidéos.

 

 « Hiro est comme un petit frère »

C’est chez une connaissance qu’il rencontre le groupe Bana C4. Le courant passe. Un an plus tard il réalise pour eux le clip « Volonté ». S’ensuit « Dokoloss », « Na lela yo », ou encore « Pona yo ». Shelis devient le réal de Bana C4, même si en réalité, il reste un électron libre. Bana C4 étant en pause, la collaboration continue avec Hiro qui a démarré cette année sa carrière solo. « J’ai eu une relation particulière avec lui. Il est comme un petit frère. On s’entend bien et il apprécie souvent ce que je lui propose. On n’a pas peur de sortir des canevas classiques ». Shelis propose son scénario pour le titre « Ton pied mon pied ». A l’écoute, on pourrait imaginer l’histoire d’un homme qui essaye de conquérir le cœur d’une femme blessé par les déceptions amoureuses.  En images, on découvre l’histoire d’un homme qui depuis l’enfance est au côté de sa bien-aimée, atteinte d’un problème cardiaque. « Hiro voulait qu’on fasse quelque chose de fou ».

Autodidacte, déterminé, passionné et très exigeant, le père de famille sait ce qu’il veut et donne sa vision du métier « Pour moi, un clip ce n’est pas une bande-dessinée. On n’est pas forcément dans le mot pour mot. La lecture est la même mais l’interprétation est différente. Mon boulot en tant que réalisateur est d’aller plus loin de ce que tu entends ». Les retours sont « excellents » sur le clip, sorti quelques mois après la diffusion de la chanson en ligne. Une stratégie risquée qui a porté ses fruits à Hiro, satisfait du travail de Shelis. La preuve que les deux partagent la même vision. «Si Hiro était un réalisateur, il ne serait pas loin de ce que je fais ».

 

Mariam Karamoko