Mode : Interview – Doukass Wax « Se lancer, pour ne plus regretter »

« Se lancer, pour ne plus regretter » C’est ce que cette créatrice à oser faire. AfricanMoove vous la présente. »

Carrière – La mode et la femme noire

Comment avez-vous débuté et quel est votre background scolaire ?

Je me nomme Amicale TOTI, j’ai la trentaine et je suis mère de 2 enfants. Après une licence en assurance, je me suis naturellement orientée vers ce secteur et j’ai été gestionnaire en assurance pendant plusieurs années.
Cependant, je me suis rendue compte, avec les années, que ce métier était plus une nécessité pour subvenir à mes charges familiales plutôt qu’une réelle passion. J’ai donc décidé, avec le soutien de mon conjoint, d’écouter cette petite voix en moi et de commencer l’aventure DOUKASS.interviewRobe yalla m’bodj en wax, 55 euros (© Doukass.mode/ Instagram)

Devenir créatrice de mode, cela a-t-il toujours été une évidence pour vous ?

Devenir créatrice de mode ne m’avait jamais traversé l’esprit, même si j’ai toujours été une véritable passionnée de la mode. Cette idée a germé durant mon congé parental car j’avais un véritable besoin de mieux concilier ma vie professionnelle et ma vie familiale et surtout d’être passionnée par mon travail.
Je n’avais plus envie de me lever tous les matins avec ce sentiment de « j’ai pas envie » ou commencer mes lundis avec un « vivement le week-end ».

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre marque, Doukass ?

Doukass était le surnom de ma grand-mère qui était une femme magnifique et très élégante. Lorsque mon grand-père l’épousa, il jura qu’il irait « brûler le village » (qui en langue Dida de Côte d’Ivoire se traduit « DOUKASSI ») de celui qui essayerait de lui voler sa femme. De cette histoire, on surnomma ma grand-mère DOUKASSI et ensuite DOUKASS.

J’ai voulu à travers ma marque rendre hommage à cette grand-mère qui a toujours été très élégante en concevant des vêtements pour des femmes qui se veulent chic, élégante et surtout qui veulent se différencier de la mode de masse.

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Pourquoi avoir choisi le  » Made in Abidjan » et quelle importance cela revêt pour vous ?

J’ai choisi de faire du « made in Abidjan » tout d’abord parce que Abidjan c’est chez moi. J’y suis née et j’ai cette ville dans la peau. J’aurai pu faire du made in Côte d’Ivoire, mais j’ai voulu faire un clin d’œil à ma ville natale.
De plus, la capitale ivoirienne regorge d’excellents couturiers qui n’ont absolument rien à envier aux plus grands de la mode internationale en matière de savoir-faire. Malheureusement, ses petites mains sont invisibles et ont besoins d’être mis en avant d’où le Made in Abidjan.

À quels défis, doit faire face une femme noire qui se lance dans la mode en France, aujourd’hui ?

Concernant les défis, je préfère me dire qu’ils ne sont pas propres à la femme noire mais à la femme en générale.
Ce n’est pas évident de se lancer à son compte surtout dans un domaine où l’on n’a pas d’expériences et qu’on doit faire ses preuves.
Les banques ne sont pas forcément réceptives et on doit surtout être sur plusieurs fronts en même temps en tant que femme.
La question est de savoir si les choses auraient été différentes (les banques, l’administrations, les enfants etc…) si j’avais été blanche ou jaune ? J’ose espérer que non. Par contre, j’aurai été un mec blond aux yeux bleu, je pense que oui les choses auraient été différentes.interview-mode-doukass-african-moove-africanmoove

Quels conseils pourriez-vous donner à celles et ceux qui souhaiteraient faire carrière dans ce domaine ?

Aux personnes qui souhaitent faire carrière dans ce domaine, je ne me sens pas encore assez légitimes pour me permettre de donner des conseils. Je peux juste vous dire si vous croyez sincèrement en votre projet, donnez vous les moyens et foncer.

Nouvelle collection disponible sur doukass.Afrikrea.com

Marie Banimbadio