Gaël Faye (le café au lait du groupe hip-hop Milk Coffee and Sugar) signe son premier roman avec « Petit Pays » disponible en librairie depuis le 24 août. Sélectionné parmi les finalistes pour le prix Fnac du Roman 2016, le titre est également celui d’une chanson de son premier album solo « Pili pili sur un croissant de beurre »(2013). « Petit Pays » le clip devient « Petit pays » le livre. Pas de rimes ni de musique mais un récit teinté d’humour, de poésie et surtout de mélancolie.

Ce roman, inspiré de la vie de l’auteur, raconte l’enfance de Gaby au Burundi, petit pays des grands Lacs, avec ses quartiers et maquis. Une enfance marquée par la cueillette de mangues volées et autres aventures avec sa bande de copains. Une enfance bouleversée par la séparation de ses parents qui n’arrivaient plus à se comprendre. Une enfance avortée par un coup d’état, un conflit ethnique, des assassinats, un génocide.

L’enfant qui ne voulait pas faire de choix

Nous sommes dans les années 90. Gabriel vit avec sa famille au Burundi, son pays natal. Fils d’un père entrepreneur français blanc et d’une mère rwandaise, Gaby aime « beaucoup de choses qu’il n’aime pas ». A 10 ans, il aime faire ses propres choix et n’aime pas qu’on lui demande de faire des choix. Pour ne pas choisir entre être blanc ou caramel, burundais ou rwandais, français ou tutsi, le personnage décide de ne plus jamais se définir. Gaby préfère rester « humain ». En tant que métis, choisir une identité quand on en a plusieurs, c’est peut-être se diviser ou trahir une partie de soi.

Ce petit gamin insouciant, qui s’accrochait encore à une vie enfouie par la guerre n’a pas d’autre choix que de regarder la réalité macabre en face. Il trouvera d’abord refuge dans les livres et par la suite fuira avec sa petite sœur Ana, le Burundi.

Celui qui voulait devenir mécanicien « pour ne pas être en panne dans la vie » a malheureusement vite compris que tous les dégâts ne se réparent pas facilement. Petit Pays nous plonge dans le conflit ethnique au Burundi et dans le génocide rwandais. Avec ses mystères et ses traumatismes.

A travers l’innocence de cet enfant, l’auteur dénonce les conflits ethniques nés…de l’absurdité humaine et présentés comme un instrument politique.

Comment des hommes qui ont le même pays, la même langue, voire le même Dieu, peuvent-ils se faire la guerre ? Reste à savoir si certaines guerres sont faites pour ne pas être comprises…

Mariam Karamoko