My Foul’art – Quand le foulard porte les couleurs de la diversité

Créer un événement autour du foulard, c’est le défi que lance Emma Camara et son association Les Passerailes de Rosa, avec My Foul’Art.

C’est dans la salle des fêtes de la mairie du 4ème, à Paris, que le projet My Foul’Art a été lancé.

Plus d’une centaine de personnes ont fait le déplacement, malgré la forte pluie, pour (re)découvrir le foulard sous toutes ses coutures. En coton de wax ou en soie, porté autour du cou ou de la taille, sous la forme d’un turban ou un hijab, le foulard est mis à l’honneur dans sa toute diversité. Des stands mais aussi un défilé on fait de cet accessoire la star de la soirée. Voire plus que cela.

Parmi les exposants, Indira de Paris qui propose des turbans…pour les nuls, Paina Pulz, Thanoé Créations et Barcha Paris qui ont présenté leurs turbans. Etaient également présents Maison Udjuwa (carré de soie d’inspiration Swahili) Osez le Foulard (tissus batik d’inspiration rwandaise), et la marque Hijab Syriamal. Seul bémol. Les attachées à la sénégalaises et les geles (foulard porté par le peuple yoruba) n’étaient pas mis en avant, faute d’exposants qui propose ce type de produits.

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« Chaque foulard raconte une histoire. Chaque attaché à une signification »

 

Si Emma a tenu à organiser My Foul’Art, c’est parce que le foulard fait partie de son héritage culturel. D’origine guinéenne, la présidente de l’association à l’habitude de le porter avec des vêtements traditionnels. Elle découvre même une autre manière d’arborer le foulard sur Instagram avec le mouvement Hijabista. « Je ne partageais pas forcément leur conviction religieuse mais je trouvais ça beau». Pourtant le déclic survient lorsqu’une bénévole de l’association lui explique les discriminations qu’elle subit à cause de son voile. « De là, avec des copines, nous avons décidé de réfléchir sur un concept qui pouvait démystifier le foulard. Je trouvais ça très injuste de le résumer à un symbole religieux. Derrière le foulard, il y a tout un artisanat. Des personnes qui dessinent, des personnes qui impriment. Il y a aussi une recherche au niveau du textile. Chaque foulard raconte une histoire. Chaque attaché à une signification ». afrotendance-defile-myfoulart-africanmoove

Rassembler  des cultures différentes est l’une des promesses qu’elle souhaite tenir avec My Fou’Art. Un voyage à travers le monde, en Inde, aux pays du Maghreb ou d’Afrique noire autour de cet accessoire qui semble susciter la polémique. La thématique du foulard sera abordé sous différents angles : la mode, la religion, la culture et la santé

La soirée de présentation étant une réussite, Emma et son équipe ont un autre objectif. Réunir en mars plus de 1500 personnes. Leur prochain défi ? Faire de Paris le temps d’une journée, la capitale du foulard.

Mariam Karamoko